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Le rideau se referme sur les cinq ans de la « refondation »

Un nouveau gouvernement, donc une autre politique éducative, se profilent. L’ancienne équipe cédant la place, l’heure est au récapitulatif du quinquennat. Voici, à très grands traits, non un impossible bilan exhaustif de la « refondation », mais un aide-mémoire.


Loi d’orientation. Le 16 mai 2012, Vincent Peillon est nommé ministre. Du 5 juillet au 9 octobre, s’effectue, par thèmes, la concertation sur la refondation, suivie d’une période d’arbitrages jusqu’à la promulgation, le 8 juillet 2013, de la loi d’orientation et de programmation pour la refondation de l’école de la République.
ESPÉ. Le 1er septembre 2013, sont créées les écoles supérieures du professorat et de l’éducation (ESPÉ). Une formation initiale et l’année de stage rémunéré sont rétablies. Malgré cela, cette réforme suscite des critiques sur la brièveté de la formation et sur la place du concours en fin de master 1.
Rythmes. Le rétablissement de la semaine de quatre jours et demi dans le primaire démarre à la rentrée 2013 et sera généralisé l’année suivante. La quasi-totalité des observateurs croyaient à un consensus sur ce sujet, mais la contestation est si forte que Vincent Peillon, malgré les aménagements consentis, en reste affaibli. Des bilans divergents sont encore tirés de cette réforme.
La ministre. Le 31 mars 2014, Vincent Peillon quitte la rue de Grenelle, où lui succède, jusqu’au 25 août, l’éphémère Benoît Hamon. Le lendemain, Najat Vallaud-Belkacem, première femme ministre de l’éducation, prend des fonctions qu’elle occupera jusqu’à la fin du quinquennat, devenant ainsi l’actrice clé de la refondation.
Education prioritaire. En 2015 entre en vigueur la nouvelle carte « resserrée » de l’éducation prioritaire (EP), aujourd’hui répartie entre 731 REP et 364 REP+. Malgré des tensions sur les « sorties de ZEP », la réforme passe. Auparavant, a été élaboré, avec l’accord de ses acteurs historiques, un nouveau référentiel de l’EP.
Plus de maîtres que de classes. Mobilisant 3 200 postes à la rentrée 2016, concentré sur les écoles en EP, ce dispositif démarré en 2013 associe la prise en main de groupes réduits et les collaborations entre enseignants. Ce mode d’enseignement collégial peut être enterré par le nouveau pouvoir... ou jugé compatible avec sa promesse de 12 élèves par classe en CP et CE1 en éducation prioritaire.
Nouveaux programmes. Installé en octobre 2013, relancé en septembre 2014 après la démission de son premier président, le Conseil supérieur des programmes a livré un nouveau « socle commun » entré en vigueur à la rentrée 2016, de même que la quasi-totalité des nouveaux programmes de la scolarité obligatoire. Ces derniers ont généré de féroces polémiques mais ne semblent pas remis en cause par les nouveaux décideurs.
Réforme du collège. Annoncée en mars 2015, appliquée à la rentrée 2016, elle n’était pas prévue explicitement par la loi de refondation. Cible d’une opposition tenace marquée par quatre journées nationales de grève, elle était promise à l’abrogation par la droite. Le programme Macron prévoyant surtout des aménagements, cette réforme emblématique garde une chance de durer.
Revalorisation. Le 1er juin 2016, est présentée l’application à l’éducation nationale du protocole PPCR (parcours professionnels, carrières et rémunérations). Sa mise en œuvre a démarré cette année et doit permettre d’ici à 2020 de replacer les rémunérations des personnels « au-dessus de la moyenne de l’OCDE ».
Tout le reste. Ce qui a parfois été au premier plan : prévention du harcèlement, déploiement du numérique, défense des « valeurs de la République », lutte contre le complotisme, mesures en faveur de la mixité sociale, école inclusive, etc.
60 000 postes.
Promesse tenue, admet la FSU, fédération syndicale peu suspecte d’une excessive complaisance...
L.C.