Réequilibrage entre les filières, aménagement de l’orientation, soutien personnalisé, renforcement des langues : le président de la République a annoncé mardi 13 octobre sa réforme du lycée. Luc Chatel doit désormais négocier les modalités d’application.
« Le lycée napoléonien n’est plus adapté à la diversité du public qu’il accueille. Il doit évoluer progressivement, mais profondément. » Devant un parterre d’élèves,
d’enseignants et de cadres de l’éducation réunis à l’Elysée, Nicolas Sarkozy a dévoilé le 13 octobre les grandes lignes de la réforme du lycée. Les orientations retenues sont largement inspirées du rapport Descoings (voir La Lettre n° 634) et des multiples consultations menées ces derniers mois. Le chef de l’Etat veut un lycée « pensé comme la première étape de l’enseignement supérieur » et a annoncé six « propositions concrètes ». Le ministre de l’éducation nationale, Luc Chatel, se donne jusqu’à décembre pour négocier avec les syndicats sur ces propositions.
Rééquilibrage entre les séries. Pour enrayer le déclin de la filière L (littéraire) - 16,6 % seulement des bacheliers généraux -, il est prévu de la transformer en « véritable série internationale », caractérisée par un enseignement approfondi des langues et des civilisations étrangères, auquel pourraient s’ajouter des cours de droit. La série sciences et technologies industrielles (STI) fera également l’objet d’une revalorisation, à travers notamment une évolution de ses programmes et la création d’un « parcours » débouchant sur les métiers d’ingénieur et de technicien supérieur. Des places seront réservées à ces bacheliers en IUT, BTS et classes préparatoires.
Orientation. Un « droit à l’erreur » sera institué pour permettre aux élèves de se réorienter. Des « stages-passerelles » apporteront des compléments de programmes indispensables au passage d’une série à une autre, en cours ou en fin d’année, et des « stages de remise à niveau » permettront d’éviter le redoublement. La classe de 1re sera plus généraliste et celle de terminale, au contraire, plus connectée au parcours envisagé dans le supérieur. « Une telle évolution suppose une refonte des grilles horaires du cycle terminal », a précisé le chef de l’Etat. Les enseignants pourront, dans le cadre d’un « service partagé », travailler à la fois au lycée et à l’université, et effectuer des stages d’observation en entreprise, pour les aider dans leur rôle d’orientation auprès des élèves. Jusqu’à présent réservés aux collégiens, des stages seront systématiquement proposés aux lycéens.
Aide personnalisée. Deux heures par semaine seront consacrées au soutien scolaire ou à l’orientation, pour tous les élèves. Placées sous l’autorité d’un enseignant, ces séances seront instituées dès la rentrée prochaine pour les 2des, et étendues aux 1es en 2011, puis aux terminales en 2012.
Langue, culture, autonomie. « Tous nos lycéens doivent devenir bilingues voire trilingues », estime le chef de l’Etat, qui souhaite un « plan d’urgence » pour les langues. A cet effet, la « pratique concrète » sera développée, notamment avec une présence accrue de locuteurs natifs et, comme dans les sections internationales, des enseignements dispensés en langues étrangères. Autre priorité présidentielle, l’engagement des lycéens, notamment dans la vie associative, sera reconnu et valorisé : leurs initiatives, y compris en dehors du temps scolaire, seront intégrées dans le « livret de compétences » imaginé par Martin Hirsch, haut-commissaire à la jeunesse, et prises en compte pour l’entrée dans le supérieur.
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