Adoptée en 2003, la réforme des retraites a allongé la durée de cotisation des fonctionnaires. En contrepartie, les enseignants ont obtenu le droit à une mobilité vers d’autres administrations. Aujourd’hui, le dispositif patine : seuls une cinquantaine de postes sont offerts.
« En 2006, mille enseignants ayant plus de quinze ans de carrière seront pris en charge et formés afin de leur offrir une deuxième carrière dans l’administration ou au sein d’une collectivité locale. » Fin octobre 2005, Dominique de Villepin relançait le dispositif « seconde carrière », prévu par la loi de réforme des retraites de... 2003 (voir La Lettre n° 503). Deux ans plus tard, le bilan de ce dispositif est médiocre et le SNES (FSU) écrivait même, le 7 juin, dans un communiqué de presse que « le ministère se moque des enseignants ». A l’heure actuelle, moins de cinquante postes sont proposés aux enseignants. Et « il faut être très motivé pour trouver ces offres, tellement la publicité est discrète », souligne Mylène Jacquot, du SGEN-CFDT.
Concrètement, seules douze des vingt-six académies métropolitaines proposent aujourd’hui un espace « seconde carrière » sur leur site Internet. « La création de ce dispositif avait suscité beaucoup d’espoir chez nos collègues. Aujourd’hui, beaucoup sont déçus », déplore Anne Feray du SNES. Pour Mylène Jacquot, le constat est d’autant plus regrettable que « ce dispositif avait été présenté comme une contrepartie importante à l’allongement progressif de la durée de cotisation des enseignants. Le manque de moyens mis en place démontre le manque de volonté politique sur ce sujet ». Si la mission « seconde carrière » est bien rattachée directement à la direction du personnel enseignant du ministère de l’éducation nationale, preuve de son importance, seuls deux hauts fonctionnaires y sont affectés aujourd’hui.
Voilà pourquoi, après avoir attendu les postes promis pour 2006 par le premier ministre, la Rue de Grenelle a décidé de changer de tactique et de multiplier les contacts avec les autres administrations pour « connaître leurs demandes et tester leur représentation du public enseignant afin de les rassurer », explique Philippe Garnier, responsable de la mission. Dans le même temps, les académies sont désormais invitées à prospecter les collectivités locales, recruteurs potentiels, et à cerner les « viviers d’enseignants volontaires » pour ces mobilités. « Nous devons connaître chaque candidat et faire en sorte qu’ils font bien valoir leurs compétences, car ils ne sont pas attendus », explique Marie-Claire Janier, directrice des ressources humaines de l’académie de Besançon. Les postes ne sont en effet pas réservés, et les enseignants sont donc en concurrence avec d’autres candidats. Dans ces conditions, « il ne faut pas attendre de miracle », prévient Philippe Garnier. Sur 300 000 enseignants potentiellement concernés, « nous tablons sur un vivier de quelques milliers d’enseignants volontaires dans les cinq ans à venir ». Quant au nombre de candidats retenus, conclut le haut fonctionnaire, « si nous arrivons à placer 200 enseignants par an, ce serait une réussite ».
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