Le 5 juillet 2007, le président de la République, Nicolas Sarkozy, fixait dans la lettre de mission de Xavier Darcos des dizaines d’objectifs à réaliser. Alors que le ministre de l’éducation estime qu’il a « beaucoup avancé dans [ses] réformes »... Tour d’horizon.
« Notre objectif est de rendre la carte scolaire superflue » : brandie pendant la campagne électorale, la promesse de supprimer la carte scolaire s’est évanouie. Le ministre s’est contenté de l’assouplir en autorisant 86 000 élèves à y déroger. Par ailleurs, le ministre a bien mis en route la labellisation de 30 lycées d’excellence en zone difficile (dans le cadre du plan banlieues), mais la montée en puissance des internats de réussite éducative peine : 450 élèves sont concernés cette année...
« La réussite de chaque élève [sera] votre premier objectif » : pour y répondre, Xavier Darcos a multiplié les dispositifs de soutien hors temps scolaire. Ainsi, « plus d’un million d’élèves » (soit 19 % des élèves) bénéficient aujourd’hui de l’« aide personnalisée ». 200 000 élèves ont participé aux stages de remise à niveau pendant les vacances et près d’un million d’élèves ont accès à « l’accompagnement éducatif ».
« Nous voulons que l’école offre un visage nouveau » : cela passe non seulement par les nouveaux programmes de l’école, mais aussi par la scolarisation des enfants handicapés (162 000 élèves à ce jour). De même, le président a demandé de doubler les heures de sport au primaire. Mesure non tenue : aujourd’hui, les élèves ont 108 heures de sport par an, contre 3 heures hebdomadaires auparavant, soit...108 heures annuelles. En revanche, le ministre a inscrit dans les programmes 81 heures de pratiques artistiques et d’histoire des arts.
« Vous ouvrirez une réflexion sur la manière de réduire les volumes horaires imposés aux enfants » : la suppression de la classe le samedi matin répond à cette attente, même si sa mise en œuvre a été très difficile. En revanche, la première tentative de baisse des horaires au lycée, dans le cadre de sa réforme, a pour l’instant échoué.
« La rémunération des enseignants [devra] mieux correspondre à l’importance de leur rôle dans la nation » : sur ce dossier, le ministre a joué sur deux leviers. D’un côté, l’augmentation du nombre d’heures supplémentaires (et leur revalorisation) allouées aux enseignants (2,7 millions HSA en 2008) et, de l’autre, l’accélération des carrières des enseignants. Les nouveaux titulaires touchent également une nouvelle prime de 1 500 euros. Quant à la rémunération au mérite, seuls les personnels administratifs l’expérimentent.
« La formation des enseignants devra durer cinq ans et sera reconnue par un diplôme de niveau master » : autre mesure de revalorisation, cette promesse est en passe d’être tenue pour 2009. Cependant, le ministère de l’éducation a tardé à transmettre les maquettes des nouveaux concours aux universités, y provoquant un grand mécontentement. Les universités doivent rendre leurs projets de masters enseignants mi-février.
« Vous devrez mettre en place un dispositif d’évaluation plus conséquent du système éducatif » : alors que le ministère administrait jusqu’à présent des « évaluations-diagnostics », Xavier Darcos a imposé des « évaluations-bilans » pour mesurer nationalement le niveau des élèves de CE1 et CM2. En revanche, Xavier Darcos n’a pour l’instant pas mis en place l’évaluation des enseignants « sur la base des progrès et des résultats de leurs élèves ».
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