Le 2 novembre, le Haut Conseil de l’éducation a finalement rendu au ministre de l’éducation nationale son avis sur le cahier des charges de la formations des enseignants. Gilles de Robien doit ouvrir une concertation avec les syndicats dès aujourd’hui.
Annoncé en juin, l’avis du Haut Conseil de l’éducation sur la définition du cahier des charges de la formation des enseignants a finalement été remis au ministre de l’éducation nationale le 2 novembre. « De bonnes connaissances disciplinaires ne suffisent pas à faire un bon enseignant », affirme le document en préambule. En réponse aux critiques des étudiants qui estiment la formation actuelle trop théorique dans les IUFM, le HCE propose de raisonner en termes de compétences professionnelles des enseignants. Un référentiel d’une dizaine de compétences-clés que « tout étudiant stagiaire devra maîtriser à la fin de sa formation initiale, pour être titularisé » est ainsi établi, parmi lesquelles les compétences « à prendre en compte la diversité des élèves », « à gérer la classe », « à travailler en équipe et à coopérer avec tous les acteurs de l’école », « à innover », ou encore « à agir de façon éthique et responsable ».
Pour éviter toute erreur d’aiguillage, le Haut Conseil suggère également de suspendre la titularisation des enseignants à l’examen des évaluations effectuées tout au long de la 2e année d’IUFM et à un entretien avec un jury de titularisation. En outre, « la préparation au métier doit commencer avant et se poursuivre après la formation en deuxième année d’IUFM ». Le HCE préconise ainsi la mise en place de licences pluridisciplinaires pour éviter toute spécialisation prématurée, et celle de stages d’observation, pour que les étudiants puissent redécouvrir l’école depuis une autre place que celle d’élève, et vérifier en amont leur vocation pour le métier. Il recommande aussi l’élargissement de la formation professionnelle initiale sur trois années, qui inclurait la 2e année d’IUFM ainsi que les deux premières années d’exercice du métier.
Le Haut Conseil reprend par ailleurs l’idée, présente dans le rapport annexé à la loi sur l’école (voir La Lettre n° 482), que les nouveaux professeurs titulaires demeurent affectés à l’issue de leur 2e année d’IUFM dans leur académie de formation : « Un mouvement particulier devra être prévu, propre aux stagiaires et aux nouveaux titulaires dont le premier poste aura une durée de deux ans », précise-t-il. L’avis propose enfin que la formation en IUFM débouche sur un diplôme équivalent à une première année de master. Rien n’est dit cependant sur l’introduction de la bivalence, chère à Gilles de Robien. A partir de ce document, le ministre de l’éducation, qui souhaite intégrer « plus de pratique » à cette formation, ouvre dès aujourd’hui des consultations avec les syndicats. Le projet définitif du cahier des charges doit être présenté en décembre.
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