Très attendue par les uns, impossible à utiliser voire refusée par les autres, l’attribution d’heures supplémentaires prévue pour le dispositif des orphelins de 16 heures est reçue de façon très contradictoire sur le terrain.
Bouffée d’oxygène pour les uns, mesure aux effets pervers pour les autres... L’attribution de 2 millions d’heures supplémentaires effectives (HSE), strictement dédiées aux études surveillées de 16 h à 18 h des collégiens de l’éducation prioritaire pour l’année scolaire 2007-08, devrait réjouir les équipes pédagogiques. Pourtant sur le terrain, l’accueil est mitigé devant ces heures distribuées à la veille de la rentrée « au prorata des élèves », et qui doivent être réajustées en fonction des projets remis par les établissements avant la mi-octobre. « Très concrètement, on croule sous les heures supplémentaires, témoigne un chef d’établissement de la région havraise. Alors que j’ai à peine 350 élèves, le rectorat m’a donné plus de 1 400 heures, pour le seul accompagnement éducatif. Même si une bonne proportion des enseignants ont multiplié les propositions là où le manque de moyens les en empêche tellement souvent, il m’est décemment impossible de toutes les ventiler. Et des cas comme le mien ne sont pas rares dans l’académie. » Pour ce principal, il y a « une vraie impression de gâchis et de stratégie délibérée de la part du ministère non seulement de supprimer des emplois, mais de donner des moyens en heures sup que l’on ne pourra pas dépenser pour prouver qu’on n’en a pas besoin. »
Dans certaines académies, la mesure gouvernementale vient s’ajouter à d’autres dispositifs déjà existants, financés par les conseils généraux ou les communes. C’est le cas notamment des Hauts-de-Seine, où Nicolas Sarkozy, alors président du conseil général, a lancé il y a trois ans le programme « études encadrées » pour tous les collégiens du département, après les heures de cours. Cette année, près de 40 000 heures sont ainsi financées par le département sous la forme de vacations à hauteur de 1 500 000 euros. Voilà pourquoi Nicolas Renard, chef d’établissement à Asnières, qui bénéficie ainsi de 1 600 heures pour son collège ambition-réussite, déclinera les heures du rectorat, estimant déjà répondre à la demande des élèves.
Là où les aides manquent pourtant, l’accueil est enthousiaste. « Pour nous, c’est une bouffée d’oxygène plus que bienvenue », témoigne un principal de Seine-Saint-Denis, qui a évalué ses besoins à 1 000 heures et compte déjà 35 personnels mobilisés. « Il est vrai que cela représente des volumes conséquents, variant de 30 à 50 000 HSE selon les académies, et que la charge de travail est importante pour les établissements. Mais cela va permettre de mettre en place pas mal de choses. Tout le monde ne peut que s’en réjouir, estime Patrick Roumagnac, du SIEN-UNSA. Reste à voir après comment gérer cette ressource, assurer sa pérennité et son efficacité, articuler les dispositifs de réussite éducative et d’accompagnement éducatif. » Et cela, avant la généralisation du dispositif à tous les collèges, prévue pour la rentrée 2008.
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