La signature d’un protocole au printemps dernier devait mettre un terme au malaise des directeurs d’école. Mais il ne s’est pas dissipé, et le ministère convoque à nouveau les syndicats pour discuter de l’éventuelle création d’un statut de directeur.
C’est avec « surprise », que Luc Bérille, secrétaire général du Syndicat des enseignants (UNSA) a accueilli, début octobre, la lettre du ministre de l’éducation nationale Gilles de Robien l’invitant à « de nouvelles concertations » sur la situation des directeurs d’école, moins de six mois après la signature d’un protocole d’accord sur la question entre le ministère et le SE-UNSA (voir La Lettre n°533). Le ministre estime que ce protocole « rend désormais possibles » de nouvelles discussions dans trois domaines : les fonctions de directeur d’école (ses conditions de travail, ses relations avec l’équipe enseignante, sa formation) ; l’éventuelle création d’un statut de directeur d’école (création d’un corps de direction, quel régime indemnitaire ?) ; le fonctionnement des écoles et leur mise en réseau éventuelle. « Le ministre nous expliquait que ces questions ne pouvaient pas être abordées au printemps, faute de marges de manœuvre budgétaires, souligne Luc Bérille. Les a-t-il trouvées depuis ? » Pour Gilles Moindrot, secrétaire général du SNUipp (FSU), « cette invitation montre en tout cas que le protocole n’a pas réglé le problème de la direction d’école et que le blocage administratif que nous défendons [avec le Snudi-FO et le SGEN-CFDT, ndlr] est justifié ». L’ensemble des syndicats réclament donc des « précisions sur les objectifs, l’échéancier et les marges budgétaires des négociations ». Le SNUipp et le SGEN prévoient également une « journée nationale d’initiatives » en novembre. Car le malaise des directeurs d’école est toujours aussi prononcé. En témoigne une consultation de l’IFOP publiée, début octobre, par le groupement de défense des intérêts des directeurs (GDID), un lobby corporatiste. Selon cette étude, seuls 5 % d’entre eux estiment que leur travail est aujourd’hui reconnu par le ministère de l’éducation nationale [1]. De même, 47 % assurent que les syndicats ne s’engagent pas assez pour défendre leurs revendications, tandis que le protocole d’accord avec le ministère est sévèrement critiqué : 80 % des directeurs interrogés estiment que les 50 000 emplois vie scolaire promis par le ministre pour les aider ne peuvent « pas vraiment soulager leur charge de travail ». Enfin, 93 % se disent favorables à la création d’« un statut non hiérarchique de directeur d’école » et 76 % demandent la création d’un « statut d’établissement garantissant une parité de moyens entre les écoles ». Le GDID s’enorgueillit de ces réponses favorables à leurs idées. Les syndicats, quant à eux, dénoncent la formulation démagogique de ces dernières questions. « Qui a déjà entendu parle d’un statut non hiérarchique ? », raille Gilles Moindrot. Et Luc Bérille de s’interroger sur la réponse de ces mêmes directeurs si on leur demandait plutôt : « Etes-vous favorable à un statut qui bénéficierait à 20 % d’entre vous ? » Pour le responsable syndical, « ce sondage reflète une vraie poussée de corporatisme, sans indiquer de solutions viables ».
Politique éducative Le ministère annonce la réouverture du dossier des directions d’école
Personnels Les frais de déplacement à nouveau sur la table
L’actualité régionale Languedoc-Roussillon : L’académie de Montpellier presque « sans tabac »
Les chiffres La difficulté en lecture se concentre en Picardie et en Bourgogne
Les brèves | L’agenda | Les textes officiels | Les responsables