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La Lettre

Japon

Le patriotisme et la décentralisation au centre de la réforme éducative

Après bientôt quatre ans de discussions, le Parlement japonais devrait adopter, le 15 décembre, la première grande réforme éducative depuis la loi-cadre de l’éducation de 1947, quand le Japon était encore occupé par l’armée américaine. Cette réforme s’apparente en fait à une révolution. Tout d’abord, elle réhabilite le patriotisme japonais, défini comme « une attitude de respect de la tradition et de la culture ». Concrètement, les élèves japonais devront suivre cet apprentissage et seront évalués par les enseignants, a annoncé Shinzo Abe, le premier ministre. « L’introduction du patriotisme pose certes question, mais cette réforme met surtout fin à l’organisation centralisée de l’éducation japonaise », explique Christian Galan, spécialiste de la question et professeur à l’université Toulouse-II. Afin d’améliorer les résultats des élèves, qui se sont tassés ces dernières années aux évaluations internationales, le gouvernement confie aux régions la responsabilité de l’éducation, accompagnée d’un transfert d’impôts. Il leur reviendra désormais de fixer la durée minimale de la scolarité obligatoire (elle est actuellement de neuf ans). Ce retrait de l’Etat va de pair avec une augmentation de l’autonomie des établissements et la mise en place d’un système d’évaluation nationale autant des établissements que des professeurs. Ces derniers devront ainsi renouveler régulièrement leur licence d’enseignement. Les parents pourront alors choisir d’envoyer leurs enfants dans les écoles publiques, les écoles privées (où l’on entre sur concours) ou encore les écoles communautaires, qui se développent depuis quelques années.