| Oublié ?

La Lettre

L’actualité régionale

Le projet pédagogique de l’école Balard, à Montpellier, n’est plus

Mis en place progressivement depuis 1997, le projet pédagogique de l’école Antoine-Balard, à Montpellier, ne sera pas reconduit cette année. Les enseignants du projet ont demandé leur mutation, une démarche satisfaite à la rentrée. Située en zone d’éducation prioritaire, l’école comptait sept classes uniques. Chacune regroupait une vingtaine d’élèves d’âges différents, du CP au CM2, qui coopéraient, où « les plus avancés devenaient moteurs pour les autres », et où « chacun pouvait solliciter un camarade », explique Sylvain Connac, l’un des enseignants initiateurs du projet, qui a rejoint l’enseignement privé. « On avait rompu avec la pédagogie uniforme. Les élèves ne travaillaient pas la même chose en même temps, ils apprenaient seuls ou en petit groupe, dans le cadre d’un parcours personnalisé. » Inspirée de la méthode Freinet, cette pédagogique coopérative a fait ses preuves, à en croire les évaluations menées par le rectorat de Montpellier. Pourquoi les enseignants ont-ils souhaité quitter l’établissement ? Ils avaient demandé à l’administration son soutien, souffrant de « difficultés internes », rapporte M. Connac. L’Institut coopératif de l’école moderne (ICEM 34) regrette, dans un communiqué du 1er juillet, que « l’administration ait laissé se détériorer la situation, et que la hiérarchie de l’école ait pu s’appuyer sur les difficultés de l’équipe pour dénigrer le travail accompli. [...] Ce projet ambitieux a été délibérément attaqué et mis à mal ». Philippe Wuillamier, inspecteur d’académie de l’Hérault, affirme qu’il n’a jamais souhaité la fin du projet. Il y aurait eu, selon lui, une « usure de l’esprit collectif », cumulée à une « usure individuelle ».