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La Lettre

Enseignement privé

Les devoirs de rentrée de l’enseignement catholique

6 000 élèves supplémentaires et pas moins de 35 000 candidats refusés. L’année 2007 s’annonce tendue pour l’enseignement catholique et son nouveau secrétaire général, plus que jamais confronté à la question des moyens et à celle du sens de sa mission.

Un devoir d’inventaire et de redéploiement de l’action, pour apporter de nouvelles réponses éducatives et scolaires. Tel est le défi qui attend l’enseignement catholique et son nouveau secrétaire général, Eric de Labarre, qui succède à Paul Malartre, et dont la rentrée officielle a lieu ce 25 septembre. Alors que le succès du privé ne se dément pas (voir La Lettre n° 566), et qu’en cette rentrée les établissements catholiques accueillent 6 000 élèves supplémentaires sans que le nombre d’enseignants ait augmenté, la question des moyens se pose plus que jamais. Le sujet est d’autant plus brûlant que 1 400 postes d’enseignants du privé seront supprimés au budget 2008, selon les annonces du ministère. Reçu par le président de la République début septembre, Eric de Labarre a expliqué que l’enseignement catholique était « au bout ou quasiment » de ce qu’il pouvait faire en termes de redéploiement de postes et qu’il n’avait pas « l’intention de [se] laisser enfermer dans une logique de quotas ». Pour sortir de cette impasse et trouver de nouveaux moyens, le développement de structures « originales », « pour répondre notamment aux besoins des enfants pas comme les autres », apparaît comme l’une des pistes les plus solides. A ce titre, le secrétariat général de l’enseignement catholique (SGEC) vient de créer une mission « besoins éducatifs particuliers », chargée dans un premier temps de faire l’inventaire des dispositifs existants. Autre sujet d’actualité, la participation de l’enseignement catholique à la mixité sociale et scolaire que demande Nicolas Sarkozy. Eric de Labarre assure être « prêt à s’investir davantage si on nous en donne les moyens », alors que douze collèges privés ont été labellisés ambition-réussite. L’action du nouveau patron du SGEC semble ainsi s’inscrire dans la continuité de son prédecesseur. « L’enseignement catholique ne doit céder ni à la tentation du repli identitaire ni au risque d’assimilation à l’enseignement public », répète Eric de Labarre, à l’heure où souffle un vent de conservatisme dans l’institution. Fervent défenseur du modèle contractuel de la loi Debré, le nouveau secrétaire général n’en souhaite pas moins lancer « une expertise pour évaluer les obligations et marges de manœuvre des chefs d’établissement au regard de la loi Debré ». « Nos établissements doivent appliquer toute la loi et rien que la loi », explique Eric de Labarre, qui devrait aussi s’attaquer rapidement à la question de la formation des maîtres du privé (voir La Lettre n° 565) et de leur recrutement.