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La Lettre

Personnels

Les directeurs d’école exaspérés par la multiplication des réformes

Suppression du samedi, mise en place des stages de remise à niveau, consulta-tion des nouveaux programmes... En première ligne pour mettre en œuvre les dernières annonces du ministère sur le primaire, les directeurs d’école sont plus que jamais au bord de la crise de nerfs.

Sur l’intranet de l’académie de Grenoble, l’échange tout officiel d’informations s’est transformé en tribune pour directeurs d’école en détresse. Et dans les autres départements, comme s’en fait l’écho la plate-forme Dirlo.org, la tonalité est la même. Sans statut, toujours plus sollicités par leur hiérarchie et les partenaires de la communauté éducative, les directeurs d’école sont plus que jamais au bord de la crise de nerfs (voir La Lettre n° 545). Les stages de remise à niveau pour les élèves de CM1-CM2 lancés par le ministère pendant les vacances de printemps ont été la goutte de « trop ». « Leur mise en œuvre a été un grand n’importe quoi, explique Dominique Thoby, du SE-UNSA. Comme il s’agit d’un hors-temps scolaire, leur organisation revient aux municipalités, les directeurs d’école étant seulement chargés de recenser les besoins des élèves et de faire remonter la liste des enseignants volontaires. Or le dispositif a été installé dans une telle hâte que l’administration a été tentée de leur en laisser toute la responsabilité. » A la liste déjà exponentielle de leurs tâches se sont ajoutées ces dernières semaines la nouvelle organisation de la semaine scolaire pour la rentrée prochaine, la consultation sur les nouveaux programmes du primaire , « une commande de l’Elysée qui les rend furieux parce qu’ils ont le sentiment que tout est déjà joué d’avance au ministère », persifle un inspecteur de l’éducation nationale, sans oublier l’annonce prochaine de la carte scolaire dans le premier degré volontairement reportée après les municipales... Autant de sujets « qui sèment la zizanie au sein des équipes, sont contestés par les enseignants de base, et mettent les directeurs entre le marteau et l’enclume », poursuit l’IEN. « On va nous pressurer encore longtemps ? », s’indigne l’un d’entre eux sur l’intranet de l’académie grenobloise. L’heure n’est pas à l’appel au boycottage. Mais une prise de conscience se fait jour sur le terrain, alors que le dossier n’a pas avancé depuis l’arrivée de Xavier Darcos Rue de Grenelle. « Tous sont demandeurs d’un statut, qui ne comporte peut-être pas une mission d’évaluation des collègues, mais qui leur permette d’organiser les écoles, affirme un autre IEN. Il n’y a pas là de facteur générationnel, mais les esprits désormais sont mûrs. Le problème, c’est qu’ils ne sont pas représentés syndicalement. Le SNUipp, quelles que soient ses déclarations de façade, ne porte pas leurs revendications, et le SE-UNSA, seul syndicat à avoir encore une culture premier degré, est très minoritaire. Les directeurs s’en rendent compte aujourd’hui et cherchent des structures qui les portent pour ne plus crier seuls dans le désert. »