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Lionel Collet : Grand emprunt : « La CPU souhaite être associée à la définition des appels d’offres »

Lionel Collet, président de l’université Lyon-I, est président de la Conférence des présidents d’université (CPU).

Au printemps 2009, un large mouvement a secoué la quasi-totalité des universités françaises. Un an plus tard, quel regard portez-vous sur cet événement ?
La crise universitaire du printemps 2009 a été une crise majeure, une crise qui était malheureusement en partie prévisible. La loi sur l’autonomie des universités et de nombreuses réformes ont été menées très, voire trop, rapidement. S’est ajoutée au reste, la réforme du statut des enseignants-chercheurs, un sujet extrêmement sensible. Un an plus tard, on relève tout de même que ce mouvement n’a pas freiné le passage aux responsabilités et compétences élargies (RCE) prévues par la loi LRU, puisque 51 établissements les ont déjà adoptées. Chaque université applique ses nouvelles responsabilités dans le respect de sa propre culture.

La mastérisation de la formation enseignante, également mise à l’index en 2009, ne passe toujours pas. Qu’en pensez-vous ?
Cela appelle deux réflexions. La première est que nous restons, à la CPU, favorables au principe de cette réforme : former au niveau master les futurs enseignants. La seconde est que ce dossier a été traité de façon précipitée et, à notre sens, il faut le revoir, notamment sur la place des concours enseignants. Alors que nous préparons actuellement cette réforme, nous constatons combien il est difficile d’inscrire les stages au sein du cursus. Comme nous sommes des gens responsables, les établissements font actuellement remonter les maquettes des futurs masters d’enseignement. Ce qui ne les empêche pas d’y être défavorables dans leur forme actuelle.

L’un des autres grands sujets des mois à venir sera l’emprunt national. Devant la CPU, le 1er avril, Valérie Pécresse a donné des détails sur l’organisation des appels d’offres (voir La Lettre n° 664). Qu’en pensez-vous ?
Les règles du jeu du grand emprunt se précisent en effet. Sur le fond, la CPU est extrêmement favorable à cet important effort financier sur l’enseignement supérieur et la recherche. Le 1er avril, la ministre nous a rassurés sur la gouvernance des universités. Non seulement, l’Etat n’exigera pas que tous les établissements ou regroupements d’établissements optent pour une gouvernance unique, mais le gouvernement a rappelé que tout projet présenté aux différents appels d’offres [laboratoire d’excellence, institut de recherche technologique, institut hospitalo-universitaire, etc.], doit s’inscrire dans une politique de site. L’enjeu est désormais d’internationaliser nos universités, et non un seul chercheur ou un seul laboratoire. Cela dit, il reste une interrogation concernant la définition des différents cahiers des charges pour les appels d’offre annoncés. Nous attendons toujours d’être associés à leur définition. Le ministère nous l’avait promis, mais pour l’instant nous ne voyons rien venir. Dans le cadre de l’initiative d’excellence allemande, notre homologue, la HRK, avait été associée, c’est également notre souhait.
Le 12 avril, la ministre de l’enseignement supérieur a, par ailleurs, lié la mise en place du 10e mois de bourse à l’application du plan licence dans les universités (voir ci-contre). Que cela-vous inspire-t-il ?
Que le ministère souhaite que, pour allouer des bourses sur dix mois, les cursus des étudiants s’étalent bien sur ces dix mois, me semble raisonnable. Qu’il souhaite le lier à l’application du plan licence m’étonne. Toutes les universités se sont, à ma connaissance, engagées dans le plan licence. Je pense qu’en liant l’allocation du 10e mois de bourse au plan licence, le ministère estime que les cursus de licence sont ceux qui n’atteignent pas aujourd’hui les dix mois.

Sur le plan de la recherche, Alain Fuchs, le président du CNRS, vient d’annoncer la suppression de la direction des partenariats au sein de son organisme. Etes-vous satisfait ?
Au lieu de passer par cette direction, les universités échangeront désormais avec les dix instituts scientifiques du CNRS pour mener des projets communs. Quand Alain Fuchs a fait cette annonce en séance plénière, les présidents d’université l’ont applaudi. En quatre ans à la CPU, c’était la première fois que j’assistais à un tel accueil.