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La Lettre

Politique éducative

Malgré les contestations, Xavier Darcos veut poursuivre les réformes

Après le retrait de la réforme du lycée, le recul sur la sédentarisation des postes de Rased et la fronde enseignante dans le primaire, Xavier Darcos a défendu son bilan, le 22 janvier, devant la presse, et annoncé le recrutement de 5 000 médiateurs de la réussite scolaire.

« A tous ceux qui me voyaient déjà plier bagage, ils vont être déçus. Une fusée ne s’arrête pas en cours de route parce qu’elle a décollé. Ce nouveau programme est pour quelques mois, et il y en aura d’autres encore. » C’est un ministre de l’éducation nationale sur la défensive, cramponné à son bilan « pour le bien des élèves et des familles avant les intérêts catégoriels de quelques-uns » (voir « Focus ») qui s’est efforcé de tracer des perspectives pour les mois à venir devant la presse le 22 janvier. « Si je demande à réformer cette maison, ce n’est pas pour embêter les gens. Sauf à être réac ou conservateur, c’est parce que je refuse que l’école reste un objet, refermée sur elle-même », a-t-il défendu. Et de se justifier sur chacun des dossiers qui l’ont affaibli Rue de Grenelle ces dernières semaines, des évaluations de primaire à la polémique « insensée » sur les Rased, en passant par l’école maternelle, « sur laquelle on m’a fait dire le contraire de ma pensée »...
Reste que les munitions semblent manquer au soldat Darcos pour se remettre en selle, quelques jours après avoir déclaré sa candidature à l’investiture de l’UMP en Aquitaine pour les élections régionales de mars 2010 : aucune précision de calendrier ou de chiffrage n’a été donnée s’agissant du dossier pourtant très attendu de la revalorisation enseignante. Au-delà de la poursuite de la réforme du lycée, d’un meilleur service d’orientation et de la création d’une « nouvelle académie » sur Internet qui offrira « tous les enseignements du cours préparatoire à la terminale », la seule annonce « énergique » de Xavier Darcos a porté sur le recrutement de 5 000 « médiateurs de la réussite scolaire », en emplois aidés, en vue de lutter contre l’absentéisme scolaire. « Des fiches de profils sont en cours d’élaboration dans les rectorats et dès le mois de mars, ces agents de l’éducation nationale seront opérationnels », précise l’entourage du ministre. En priorité des jeunes « se destinant aux concours de la formation et bien acceptés dans leur quartier », ils seront formés « avant » leur prise de fonctions, à la différence des anciens emplois-jeunes, et leur action sera coordonnée par les conseillers principaux d’éducation. Testament politique ou nouveau départ ? « Il n’y a pas de quoi dissiper le malaise enseignant », ont tout de suite prévenu les syndicats, « plus que jamais » mobilisés pour la grève du 29 janvier.