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La Lettre

Enseignement secondaire

Réforme du lycée : le rôle des conseils pédagogiques est renforcé

Quatre projets de textes de la réforme du lycée seront examinés le 10 décembre par le conseil supérieur de l’éducation. L’un d’entre eux prévoit d’étendre les compétences des conseils pédagogiques, et renforce ainsi l’autonomie des établissements.

Luc Chatel, ministre de l’éducation nationale, l’avait annoncé : « Le conseil pédagogique n’est pas effectif. Nous allons rédiger un texte pour y remédier. »(Voir La Lettre n° 648) C’est chose faite : un projet de décret détaillant sa composition, ses compétences et son fonctionnement sera examiné le 10 décembre par le conseil supérieur de l’éducation (CSE). L’instance, prévue par la loi sur l’école de 2005, devra notamment organiser les deux heures d’aide individualisée, visant « le soutien, l’approfondissement et l’aide à l’orientation ». Ses propositions seront ensuite soumises par le chef d’établissement au conseil d’administration. Les dotations horaires consacrées au dispositif d’accompagnement personnalisé relèvent ainsi de l’autonomie des établissements.
Un autre projet de décret assouplit les procédures d’affectation des élèves, afin de leur permettre le « droit à l’erreur » : en cours ou en fin d’année de terminale, les élèves de la voie générale ou technologique peuvent changer d’orientation, sur demande écrite des responsables légaux ou de l’élève majeur, après avis du conseil de classe. En ce qui concerne l’organisation des trois niveaux du lycée, peu de surprises par rapport à ce que le ministère avait communiqué le 26 novembre. Le changement principal concerne les enseignements d’exploration de la classe de 2de : les dédoublements seront de dix heures trente « en moyenne », le montant exact sera fixé par le recteur. La troisième langue vivante et les langues anciennes sont les seuls enseignements d’exploration dont l’horaire est porté à trois heures. Malgré les protestations des professeurs de sciences économiques et sociales (voir La Lettre n° 649), leur discipline est maintenue à une heure trente d’exploration obligatoire.
D’ores et déjà, la commission des finances du Sénat a demandé des clarifications budgétaires. Nombre de mesures - accompagnement éducatif, nouvelles matières en série littéraire, stages pour les élèves et les enseignants, etc. - « sont susceptibles d’être coûteuses ». La commission préconise notamment le recours au CNED pour maintenir les options à effectifs réduits. Elle s’interroge sur l’efficacité de l’accompagnement personnalisé en matière d’égalité des chances : « d’une part, elle ne permet pas de toucher la cible prioritaire des élèves ; (...) d’autre part, le volontariat des enseignants peut déboucher sur une inégalité de l’offre de soutien. »