Insuffisance du nombre de professeurs concernés et du montant de la revalorisation, absence de dialogue social... Les syndicats d’enseignants affichent leur mécontentement, après les annonces du ministre de l’éducation nationale le 28 mars.
La revalorisation des salaires des enseignants est insuffisante, le message est unanime. Les annonces faites par le ministre de l’éducation nationale, Luc Chatel sur RTL, dimanche 28 mars (Voir La Lettre n°662) provoquent la déception de l’ensemble des syndicats d’enseignants. En cause, l’« exclusion » des trois quarts des professeurs. Le ministre a précisé que seuls 190 000 instituteurs et certifiés seront concernés par la revalorisation prévue à la rentrée 2010 : les 20 000 futurs enseignants toucheront 157 euros de plus par mois, et les 170 000 enseignants ayant moins de sept années d’ancienneté verront leur salaire augmenter de 55 euros par mois en moyenne. Les professeurs agrégés stagiaires, quant à eux, bénéficieront d’une augmentation de salaire de 259 euros net par mois. En cause également, l’insuffisance du montant de la revalorisation des enseignants recrutés au niveau master. Au final, selon le SNES (FSU), « il s’élèvera au mieux à 30 euros par mois en moyenne sur l’ensemble de la carrière ». De ce fait, le SE (UNSA) s’inquiète de la réduction des viviers de recrutement des enseignants : « Il y a fort à parier qu’à niveau de recrutement identique, de nombreux étudiants préféreront se tourner vers l’emploi privé, nettement mieux rémunéré à diplôme égal. » Concernant les mesures non financières du « pacte de carrière » (nouvelle évaluation, nouvelles missions « indemnisées », droit individuel à la formation, validation des acquis, recrutement de 80 médecins, etc.), les syndicats sont dans l’expectative. « Ce sont des sujets intéressants et importants sur lesquels on va discuter, souligne Thierry Cadart, secrétaire général du SGEN (CFDT). Quelques mesures ponctuelles ont été annoncées, mais on attend des réponses plus précises. » Cette réforme déçoit tout autant sur sa forme. Les syndicats dénoncent en chœur une « absence de dialogue social ». D’une part, parce que les mesures ont été rendues publiques dans les médias avant qu’ils puissent en prendre connaissance. D’autre part, parce qu’ils n’ont pas été réunis, ces derniers mois, pour « ouvrir une négociation », mais « pour leur présenter des décisions déjà arrêtées », s’insurge le SNES (FSU). Le monde syndical continuera à s’opposer à la logique d’une revalorisation financée par le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant en retraite, et à exiger une « revalorisation pour tous ».
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