En annoncant la fin de l’école le samedi matin dès la rentrée prochaine (voir La Lettre n° 570) et l’utilisation des deux heures libérées « pour les 15 % d’enfants qui en ont le plus besoin », à travers « un accompagnement personnalisé à d’autres moments de la semaine », Xavier Darcos « joue gagnant à tous les coups en termes politiciens », analyse le spécialiste de l’éducation Philippe Meirieu. La reprise en main par le gouvernement du dossier des rythmes scolaires, qui divise depuis longtemps les communes et les équipes pédagogiques, répond d’abord à une attente des familles. Selon la PEEP, « cette évolution était attendue par 80 % des parents ». Moins enthousiaste, la FCPE épingle « des annonces qui n’affichent qu’un seul objectif : séduire l’opinion publique ». Du côté syndical, on dénonce l’absence de concertation sur un sujet aussi crucial que l’organisation de la journée scolaire et des rythmes de l’enfant. Pour le SE-UNSA, cette mesure est « un non-sens pédagogique » : « Tous les spécialistes savent que la fatigue accumulée dans une journée de six heures, déja trop longue, diminue les capacités d’apprentissage, particulièrement pour les enfants en échec. » Le SGEN-CFDT dénonce un « bricolage ministériel », quand le collectif Sauver les lettres aperçoit « la destruction de l’enseignement primaire ». Selon les directeurs de l’éducation de l’Andev, l’objectif serait budgétaire, via un transfert de charge de l’Etat vers les communes. Au ministère, on envisage désormais la concertation, en expliquant que les « modalités pratiques » de cette réorganisation de même que « toutes les autres mesures relatives à l’école primaire » seront discutées au mois d’octobre avec les partenaires. Xavier Darcos a annoncé par ailleurs qu’il souhaitait « étendre le dispositif au collège » dès la rentrée 2009, mais cette fois, sans réduction horaire, avec des cours reportés au mercredi matin.
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