Sans outil statistique de mesure nationale de la violence depuis la publication, à la rentrée, d’un palmarès des établissements les plus violents par Le Point, le ministère de l’éducation doit lancer un nouveau logiciel avant la fin de l’année scolaire.
Signa est mort, place à Sivis. Alors que le logiciel de signalement des actes de violence créé en 2001 fait l’objet d’un boycott par les chefs d’établissement depuis la rentrée scolaire (voir La Lettre n° 544), le ministère réfléchit à un nouvel outil, Sivis (système d’information et de vigilance sur la sécurité scolaire), dont le lancement pourrait intervenir au début du 2e trimestre 2007. Contrairement à Signa, qui « s’éparpillait un peu trop » [26 rubriques de faits différentes, ndlr], « Sivis se concentrera directement sur l’essentiel », explique Dominique Antoine, secrétaire général du ministère de l’éducation nationale.
Il recensera, d’une part, les actes répréhensibles sur le plan pénal et ceux ayant occasionné des soins physiques ou psychologiques. Les incivilités mineures (crachats par terre, attitudes insultantes, jets d’objets dans la classe...), données plus difficiles à recenser, car plus subjectives, ne seront pas traitées par le nouveau logiciel. « Méritant d’être rapportées à un contexte », elles feront l’objet chaque trimestre d’un compte rendu rédigé par les chefs d’établissement, précise le ministère.
« Outil de recensement et d’autodiagnostic », selon Dominique Antoine, Sivis permettra des analyses « plus fines, historiques, établissement par établissement », « pour pouvoir gérer désormais les violences au cas par cas en apportant des réponses plus individualisées ». Au niveau académique, le proviseur vie scolaire effectuera le même travail d’identification et d’évaluation. Toujours selon le secrétaire général du ministère, le nouveau dispositif fait l’objet d’un consensus dans ses grandes lignes au sein des organisations syndicales.
« Il y a effectivement un progrès évident, que nous appelions de nos vœux depuis longtemps », confirme Philippe Guittet du SNPDEN. Même satisfaction à Indépendance et direction (ID). Restent néanmoins quelques détails à préciser, et notamment sur le traitement des données et la garantie de leur anonymat : « Ce que l’on craint toujours, c’est que ces données ne soient pas totalement protégées et fassent à nouveau l’objet d’un classement inter-établissement », explique le président du SNPDEN. « Autant il nous paraît justifié qu’il y ait une information qualitative et nominative des signalements de la part des chefs d’établissement auprès de leur rectorat, autant il est essentiel que celle-ci soit anonymée lors de la remontée du rectorat vers le ministère », conclut Loïc Toussaint, le secrétaire général d’ID.
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