Sivis ne devrait plus tarder. Le nouveau logiciel de mesure nationale de la violence à l’école, qui succède à Signa, vient d’être présenté dans ses grandes lignes aux syndicats par le ministère de l’éducation nationale. Son lancement est prévu à la rentrée.
Alors que Signa a sombré dans les oubliettes (voir La Lettre n° 545), les contours de Sivis, le nouveau logiciel de signalement des actes de violence à l’école, ont été présentés le 24 avril dernier, par le ministère de l’éducation nationale, lors d’une réunion de travail, en présence des trois syndicats de chefs d’établissement (SNPDEN-UNSA, I&D, SGEN-CFDT). Deux principes distinguent radicalement le nouveau dispositif de l’ancien. Contrairement à Signa, que tous les chefs d’établissement devaient renseigner, Sivis (système d’information et de vigilance sur la sécurité scolaire) sera établi sur la base d’un panel anonyme représentatif de 1 500 à 2 000 établissements, dès la rentrée 2007.
Comme l’avait déjà annoncé Dominique Antoine, secrétaire général du ministère de l’éducation nationale, qui a supervisé ce chantier, Sivis « se concentrera sur l’essentiel », c’est-à-dire sur les faits graves ayant une qualification pénale ou ayant occasionné des soins physiques ou psychologiques, là où Signa « s’éparpillait beaucoup trop » (26 rubriques de faits différentes, ndlr). Parmi les items désormais retenus se trouvent le bizutage, le racket, le happy slapping, les violences à caractère sexuel, homophobe, ou encore les vols avec violence. En revanche, « les incivilités mineures, vols de gomme et altercations entre élèves ne remonteront plus au ministère », précise Philippe Tournier, secrétaire national adjoint du SNPDEN. « Chaque fait de violence devra être qualifié pour être pris en compte par le logiciel, ajoute Loïc Toussaint de Quiévrecourt, ce qui va permettre de disposer de données fiables et objectives. »
Un autre pan du dispositif, distinct du précédent, sera chargé de faire remonter à chaque trimestre des éléments de contexte au ministère. Cette dimension, que Signa ne reflétait pas, offre l’avantage de saisir le climat réel des établissements scolaires où aucun fait grave ne serait signalé et son évolution dans la durée, selon Philippe Tournier. Un point toutefois pose encore problème : l’information des recteurs, court-circuitée par le nouveau dispositif au sein duquel les données remontent directement au ministère. Mais, globalement, Sivis satisfait les organisations syndicales, qui voit avec lui la garantie d’anonymat des établissements, de confidentialité des données et surtout celle de chasser définitivement le spectre d’un nouveau palmarès des établissements les plus violents dans l’Hexagone, comme l’avait publié Le Point, à la rentrée dernière.
Politique éducative Violence scolaire : les contours du nouveau logiciel Sivis dévoilés
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