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Drogues licites et illicites : les addictions des jeunes sont en baisse

Est-ce le début d’une victoire historique ou seulement une éclaircie ? Les dernières données disponibles, sur 2017, montrent un net recul du tabagisme chez les jeunes. Parallèlement, la consommation d’alcool et celle de cannabis diminuent aussi de manière significative


Même sur un tel sujet, il peut exister de bonnes nouvelles. L’enquête nationale Escapad (Enquête sur la santé et les consommations lors de l’appel de préparation à la défense), diligentée par l’OFDT (Observatoire français des drogues et des toxicomanies), interroge depuis l’an 2000 les jeunes Français de 17 ans sur leur santé et sur leurs consommations de produits psychoactifs. Présentés le 6 février, les résultats de la neuvième édition de cette enquête (les précédentes ont eu lieu chaque année de 2000 à 2003, puis en 2005, 2008, 2011 et 2014) montrent une baisse sensible des addictions, même si celles-ci restent à un niveau élevé.
L’enquête a été menée en mars 2017 auprès d’un échantillon de 46 000 jeunes Français interrogés par questionnaire autoadministré dans le cadre de la Journée défense et citoyenneté (JDC). Les données recueillies mesurent les niveaux d’usage de trois principales substances - tabac, alcool et cannabis - ainsi que d’autres produits plus rares. Entre 2014 et 2017, relève l’OFDT, tous les indicateurs relatifs au tabagisme sont en recul. Ainsi, 59% des jeunes de 17 ans, contre 68,4% en 2014, déclarent avoir testé le tabac au cours de leur vie, soit une baisse significative de 9,4 points. La baisse est similaire en ce qui concerne l’usage au cours du dernier mois, qui s’établit à 34%. Enfin, et c’est le plus important, l’usage quotidien recule de 7,3 points, passant de 32,4% à 25,1%. On peut remarquer à ce propos que les jeunes interrogés, nés en 2000, ont toujours connu l’interdiction de la vente de tabac aux mineurs (instaurée en 2009), et celles, intervenues en 2007 et 2008, de fumer dans les lieux publics, les bars et restaurants.
Quant à l’alcool, qui demeure la consommation phare et « festive » des adolescents, les chiffres sont également en baisse. Celle-ci est de 3,6 points sur l’expérimentation au moins une fois, qui passe de 89,3% en 2014 à 85,7% en 2017. L’usage au moins une fois dans l’année baisse de 4,7 points, passant de 82,4% en 2014 à 77,7 % en 2017. L’usage dans le mois écoulé chute de 5,5 points, l’usage régulier (au moins 10 fois dans le mois) baisse de 3,9 points et l’usage quotidien, faible, passe de 1,8% en 2014 à 1,3% en 2017. A noter que la consommation régulière demeure surtout masculine, concernant 12% des garçons, contre à peine 4,6% des filles. L’expérimentation au moins une fois de l’ivresse, qui était le fait de 58,9% des jeunes en 2014, est tombée à 50,4% en 2017, soit une chute de 8,5 points. Une expérience d’ivresse récente (au moins une fois dans le mois écoulé) reste quand même le fait de 44% des jeunes, contre 48,8% en 2014, soit une baisse de 4,8 points.
Enfin, l’expérimentation au moins une fois du cannabis, qui était en forte hausse en 2014, recule de 9 points, passant de 47,8% des jeunes de 17 ans en 2014 à 39,1% en 2017. Ce niveau est le plus bas depuis la création de l’enquête en 2000. Si l’âge du premier usage se situe comme en 2014 à 15,3 ans, l’usage au cours du mois écoulé baisse de plus de 4 points, passant de 25,5% à 21%. L’usage régulier (au moins 10 fois dans le mois) ne décroît que de 2 points, de 9,2% à 7, %. En fait, plus l’usage est intensif et moins la baisse est marquée. La fumette quotidienne concerne 3,4% des jeunes, contre 4% en 2014, soit une baisse de 0,6 point.
Enfin, les substances illicites hors cannabis (notamment ecstasy ou cocaïne) ne sont testées que par une faible minorité : 6,8% des adolescents déclarent avoir déjà expérimenté un tel usage au cours de leur vie, contre 8,8% en 2014. L.C.